Atelier Savoir se situer @ Mohammedia, Maroc

Dans cet atelier il a été question de mouvoir (avec) nos savoirs.
L’atelier est ouvert à tou.te.s, la salle est pleine, les corps en cercle, serrés, un peu inquiets.
Le réseau est introduit, question de lever tout mystère !
5 étapes sont annoncées pour 1h45. Soupirs. Sourires incertains. Attentes.

Prêt.e.s ?

L’exercice commence avec une corpscentration. Inspiration. Expiration. Les épaules et genoux relâchés, avec en tête, ce que l’on sait, ce que l’on croit savoir.

1. Le moment arrive où il nous faut verbaliser un savoir, dans un mot, à voix portante.
Liant chacun.e par un fil. Créant une toile de paroles.
Poser les fils. Poser les armes.
Pause : Prendre conscience de sa positionalité, d’où l’on parle et ce qui nous lie aux autres corps-pensées.
Prendre sa température en quelque paroles :

Je suis là.        c’est un voyage          découvrir             je suis – – relations de pouvoir        TRY bouleversée/optimiste      “Arbre” –> feuille            fatiguée      Je m’aimes       stratégies          Vague  RAGE        Je respire enfin normalement        enthousiaste       relaxé        Je suis sérieux

2. Changer de place. Aller vers quelqu’un.e. Prendre une autre place/prendre sa place. Aller vers plusieurs mots/savoirs. Négocier les espaces en mouvement. Chercher un moyen de réconcilier différentes positions. Trouver un autre fil. S’arrêter en chemin. Chercher la personne qui incarne notre destination.
Pause : Constater sa nouvelle position. Sans nécessairement la questionner.
Température :

Juste & justice.        le vent        & contente     espoir/lumière      tendresse      frustration   complexité dynamique          d’amour      et si l’autre était mal à l’aise ?             contact           j’ai senti vie       libre      incertaine  certaine         je me suis rapprochée          partage       en voyage      j’ai tombé        le vent         joie           soulagement

3. Travailler (dans) l’interconnexion. Arrêter son regard sur un.e autre. Le soutenir pendant plusieurs secondes. Voir ce qu’iel voit. Soupirs. Sourires. Rires. Quelques mots. Il y a dans l’échange de regards quelque chose qui ne supporte pas le silence. Une urgence de verbalisation, comme pour anticiper la pensée de l’autre, ne pas la laisser dépasser le seuil de la parole.
Pause : C’est bien quand c’est fini non ?!
Température :

« manque de contacts »           point de fuite           confiance      espoir  déséquilibre
« je suis prête pour montrer mon savoir »    respiration élevée      innocente     tranquille     trouble espace intime      rire       honte       flowers        une connaissance à respecter         perturbation  essayer d’aller vers … si l’autre était à l’aise ?

4. Renoncer à la maîtrise. Adopter, si possible, une posture physique inconfortable… et essayer de la maintenir. Ne pas bouger si l’inconfort était déjà présent. Les corps se tortillent. Le déséquilibre règne. Quel luxe l’équilibre…
Pause : On rit du malaise des corps. Ça aussi c’est bien quand ça finit !
Température :

dérangement      gênée      fou rire       inattendu      con      l’incomfort
je ne suis pas patiente       perturbant        comfort zone      étourdi       confiance en soi
légitimité      image de soi         validisme         passeport
« vivre le savoir, ne pas le maitriser »

5. Incarner son savoir. Enfin libérer son corps, dans la limite de l’espace et de la composition du groupe avec ses différents rapports de pouvoirs. Fluidifier son mouvement. Retrouver son équilibre. En mouvement.
Pause : Retrouver son corps.
Température :

énergie           danser              envie de dormir             libération             être dans mon corps                  Je suis mal à l’aise, mais je suis là.           douleur              Gribouilli         le sahara, seul       apaisement temporaire       “Ô mon corps fait de moi un homme queer qui interroge” (F. Fanon)     outils de bien-être négligé             fatigue           J’étais super à l’aise je voulais continuer.                       sensation              fluide

Arrive ensuite le temps d’échange, même si ce dernier ne s’est jamais interrompu. S’assoir. Se regrouper. Repenser ses températures tout au long de l’exercice. Dire. Parler. Prendre la parole. S’exprimer. Se parler. Inventer des mots. Rétablir l’émotion dans nos pensées.

M.e.s.s. sur fond de savoirs. En chœur chanter. Crier. Chuchoter. La voix en ordre, puis en désordre. Incantations hésitantes. Donner du sens au bruit. Du bruit au sens.

On se remet en cercle. Corpscentration. Inspiration. Expiration. Ramasser tous les savoirs (mots, paroles, voix, pensées, théories, postures, positions, bras en l’air, jambes tendues, pas en avant en arrière en rond, bruits, rires, inquiétudes, points de rencontre, points d’exclamation, incertitudes) lancés dans la pièce. Les incorporer.

Animatrices : Akila, Heta, Kamila, Lily
Texte : Kamila

Atelier organisé lors du colloque international Questionner les savoirs et les pratiques – approches féministes et de genre, 20-22 novembre 2019, à la Faculté des Lettres et des sciences humaines, Mohammedia, Université Hassan II – Casablanca. Colloque organisé par Le laboratoire Interculturalité, communication et modernité (ICM) et Le master Genre, discours et représentations (FLSH Mohammedia- Université Hassan II Casablanca), en collaboration avec Feminist Readings Network et le Laboratoire d’études de genre et de sexualité (LEGS, Paris 8 et CNRS).

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